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En complément de mon Wing Chun, j’ai commencé il y a presque un an le Taiji. Je pratique beaucoup le sabre. Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’être initié au Iaido et au Kenjutsu. Je ne pratique plus vraiment ces deux styles, mais il m’arrive encore à l’occasion de sortir mon bokken et faire quelques formes.

Souvent, je regarde des vidéos de coupes au sabre japonais. En septembre dernier, j’ai décidé d’en faire avec un sabre chinois. Toutefois, j’ai dû utiliser un Dao Dao au lieu du simple Dao chinois. L’expérience a été très intéressante. J’ai aussi essayé de faire la coupe avec une épée chinoise (Han Jian). Dans ce cas, ce fut un échec très net. L’expression : « 100 jours pour le sabre, 1000 pour la lance et 10 000 pour l’épée » prend alors tout son sens.

Mais revenons au sabre. J’ai utilisé un Da Dao Cold Steel. Ce n’est pas un sabre de haute qualité. Il coupe, mais a 60$ environ… comme on dit en anglais : « You get what you pay for ». Ceci étant en dit, la coupe n’était pas si mal comme on le voit sur la photo suivante.

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Et quand vous payez un sabre à 300$, ça ne vous tente peut-être pas de faire une encoche sur la lame, ou qu’elle rouille un peu. Parce que hélas, la mienne a rouillé un peu. L’art de pratiquer le sabre n’est pas juste de couper avec, mais aussi d’en faire l’entretien adéquat. L’expérience vient en pratiquant!

Je trouve toutefois dommage que les arts chinois ne fassent pas plus la promotion de ce genre d’entraînement. Il faut dire qu’un sabre reste une arme dangereuse. Et cette arme peut être tout aussi dangereuse pour celui qui la tient. Combien de personnes imprudentes se sont coupées (voire blessées gravement) en faisant un mauvais usage d’une lame affûtée ?

Au-delà de la coupe elle-même, cet exercice permet de prendre conscience du moment présent. Ceci demande une forte concentration. Une simple distraction et vous payez le prix. En Wing Chun , on entend parfois l’expression suivante à propos du mannequin de bois : « il te fera savoir rapidement si ta posture est mauvaise ». Un de mes élèves, l’année dernière, l’a appris à ses dépens l’an dernier. Il a mal fait un tan sao (je devrais plutôt dire frapper fort comme un imbécile) sur le bras du mannequin et a payé le prix. Une légère fracture. C’est un peu le même principe lorsqu’on pratique avec une vraie arme tranchante. Une légère distraction et les conséquences sont fâcheuses. Combien de pratiquants de sabre japonais se sont coupé le pouce en rengainant leur lame ?

Malheureusement, le grand public manque souvent de respect envers ces armes ancestrales. Des commentaires du genre : « Ça ne donne rien d’apprendre le sabre, aujourd’hui il y a des armes à feu ». Il est triste de voir des gens juger sans vraiment savoir. Dans mon cas, non, je ne vais pas défendre le dépanneur du quartier avec mon sabre contre un voleur. Mais le sabre, au-delà des habiletés au combat, contribue beaucoup plus qu’on peut le croire. J’avais une blessure à l’épaule. La pratique le sabre à nettement contribuer à aider ma guérison. Le poids de l’arme a servi à développer les muscles de mon épaule et contribuer à mon rétablissement. De plus, se déplacer avec une arme (peut importe laquelle) permet de prendre conscience de son corps. En Wing Chun, couteaux m’ont fait prendre conscience de bien des choses à propos de ma posture. Avec le sabre, lorsqu’on coupe, on doit prendre conscience de la distance entre nous et la cible. Ceci semble évident. Je peux vous dire que ce n’est l’est pas autant qu’on pourrait le croire. J’en ai fait l’expérience en pratiquant une coupe avec mon épée. Comme elle plus courte que mon sabre, j’ai fait une coupe dans le vide! Trop habitué de faire des coupes avec mon sabre.

Bref… Je vais continuer à pratiquer… Le chemin est encore long!